"Désobéissance civique" contre la place Jean-Paul-II
Le groupe des Verts au Conseil de Paris va manifester, dimanche 3 septembre à partir de 12 heures devant la cathédrale Notre-Dame de Paris, pour protester contre l'inauguration, par le maire Bertrand Delanoë, le nonce apostolique, Mgr Fortunato Baldelli, et l'archevêque de la capitale, Mgr André Vingt-Trois, de la "place Jean-Paul-II".
Le 13 juin, le conseil municipal de Paris a décidé de donner le nom du pape défunt au parvis de Notre-Dame, un vote acquis grâce à une majorité inédite, rassemblant l'UMP, l'UDF et le PS. Les autres composantes de la majorité municipale, Radicaux de gauche, Mouvement républicain et citoyen (MRC), Verts et communistes ayant voté contre. "C'est la première fois depuis 2001 que l'on constate une telle cassure dans la majorité", déplore Sylvain Garel, conseiller Vert du 18e arrondissement. Plusieurs associations d'homosexuels ou de lutte contre le sida, comme Act Up et les Soeurs de la perpétuelle indulgence, se sont jointes au mouvement de protestation. Dans un communiqué, elles accusent le pape défunt de "sexisme, homophobie et non-assistance à populations en danger".
"Le catholicisme réactionnaire de Jean Paul II, dogme que son successeur Benoît XVI conforte toujours, n'a pas à être honoré par notre ville et nulle part ailleurs, affirment les associations. M. Delanoë, votre alliance électoraliste "contre-nature" est choquante pour toutes celles et tous ceux qui luttent contre le sida, pour les droits des femmes, pour l'avortement et la contraception et contre toutes les discriminations. Cet acte incompréhensible et indécent va à l'encontre de la "sacro-sainte" laïcité à laquelle nous tenons toutes et tous."
Pour Lucie Uzzeni, porte-parole d'Act Up, la décision de la mairie est "choquante et incompréhensible. C'est honorer la mémoire d'un homme qui est responsable de millions de morts du sida à travers le monde".
Au cabinet du maire de Paris, on justifie la décision de donner le nom par "la stature et le rôle majeur" de Jean Paul II. "Bertrand Delanoë considère que, quels que soient les désaccords qu'il a publiquement exprimés avec la pensée de ce pape sur les questions de société, celui-ci a été un rempart contre l'intégrisme et a apporté une contribution décisive à la paix à la fin du XXe siècle", explique-t-on. Le maire devrait faire allusion, dans son discours, à la controverse sur les positions de Jean Paul II à propos du sida et du préservatif.
La cérémonie d'inauguration de la place débutera à 15 heures 15. Les manifestants font savoir qu'ils seront encore sur la place à ce moment-là, et envisagent plusieurs actions de protestation et de "désobéissance civique", telles que la pose d'une plaque à la mémoire des victimes du sida ou une distribution gratuite de préservatifs. En revanche, elles excluent de perturber les offices religieux qui doivent se tenir après la cérémonie dans la cathédrale Notre-Dame.
Le 5 juin 2005, des militants d'Act Up avaient fait irruption dans l'édifice pour célébrer, devant l'autel, un simulacre de mariage homosexuel.
Le Monde
Le 13 juin, le conseil municipal de Paris a décidé de donner le nom du pape défunt au parvis de Notre-Dame, un vote acquis grâce à une majorité inédite, rassemblant l'UMP, l'UDF et le PS. Les autres composantes de la majorité municipale, Radicaux de gauche, Mouvement républicain et citoyen (MRC), Verts et communistes ayant voté contre. "C'est la première fois depuis 2001 que l'on constate une telle cassure dans la majorité", déplore Sylvain Garel, conseiller Vert du 18e arrondissement. Plusieurs associations d'homosexuels ou de lutte contre le sida, comme Act Up et les Soeurs de la perpétuelle indulgence, se sont jointes au mouvement de protestation. Dans un communiqué, elles accusent le pape défunt de "sexisme, homophobie et non-assistance à populations en danger".
"Le catholicisme réactionnaire de Jean Paul II, dogme que son successeur Benoît XVI conforte toujours, n'a pas à être honoré par notre ville et nulle part ailleurs, affirment les associations. M. Delanoë, votre alliance électoraliste "contre-nature" est choquante pour toutes celles et tous ceux qui luttent contre le sida, pour les droits des femmes, pour l'avortement et la contraception et contre toutes les discriminations. Cet acte incompréhensible et indécent va à l'encontre de la "sacro-sainte" laïcité à laquelle nous tenons toutes et tous."
Pour Lucie Uzzeni, porte-parole d'Act Up, la décision de la mairie est "choquante et incompréhensible. C'est honorer la mémoire d'un homme qui est responsable de millions de morts du sida à travers le monde".
Au cabinet du maire de Paris, on justifie la décision de donner le nom par "la stature et le rôle majeur" de Jean Paul II. "Bertrand Delanoë considère que, quels que soient les désaccords qu'il a publiquement exprimés avec la pensée de ce pape sur les questions de société, celui-ci a été un rempart contre l'intégrisme et a apporté une contribution décisive à la paix à la fin du XXe siècle", explique-t-on. Le maire devrait faire allusion, dans son discours, à la controverse sur les positions de Jean Paul II à propos du sida et du préservatif.
La cérémonie d'inauguration de la place débutera à 15 heures 15. Les manifestants font savoir qu'ils seront encore sur la place à ce moment-là, et envisagent plusieurs actions de protestation et de "désobéissance civique", telles que la pose d'une plaque à la mémoire des victimes du sida ou une distribution gratuite de préservatifs. En revanche, elles excluent de perturber les offices religieux qui doivent se tenir après la cérémonie dans la cathédrale Notre-Dame.
Le 5 juin 2005, des militants d'Act Up avaient fait irruption dans l'édifice pour célébrer, devant l'autel, un simulacre de mariage homosexuel.
Le Monde
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