Le "PX", un morceau d'Amérique en Irak

Publié le par Gou

"Un whopper, un bacon-burger, deux frites et deux grands coca": la scène ne se déroule pas à New York mais à Bagdad, dans une complexe de l'armée américaine, qui comprend un magasin avec des produits importés, deux fast-foods, un coffee-shop et une boutique de souvenirs.

"Enfermés dans la bulle" américaine, selon l'expression d'une employée de l'administration américaine, soldats et civils n'ont pas ou peu de contacts avec les Irakiens.

Pour leur épargner la nostalgie du pays, l'armée a délivré des concessions à des sous-traitants américains pour équiper les grandes bases avec des boutiques typiques de l'American way of Life.

Ces complexes s'articulent autour de "PX", pour "Post exchange", du nom des magasins créés en 1895 recevant alors leurs produits par courrier, qui désigne aujourd'hui les magasins pour soldats des bases américaines aux Etats-Unis et à travers le monde.

Leur approvisionnement est un des casse-têtes des Américains en Irak. Les routes truffées de bombes artisanales et les attaques fréquentes d'insurgés ont forcé la force multinationale à réduire de manière drastique les convois terrestres, pour privilégier les ravitaillements par avion, tant pour amener au GI les balles de son fusil d'assaut M-4, que son coca et son hamburger, indispensables au bon moral des troupes.

"Entre 1.500 et 2.000 personnes viennent dans le magasin chaque jour", affirme Charlotte Pace, une des huit responsables américains du PX de la Zone verte de Bagdad, qui emploie 28 Irakiens et 19 étrangers, pour la plupart asiatiques. Parmi les employés américains, des femmes ou des maris de soldats. Les PX sont gérés par un organisme para-public, dont la devise est: "Nous allons où vous allez".

Aux Etats-Unis comme à l'étranger, y compris en Irak, tous les produits sont libres de TVA. Il n'est pas rare qu'avant de retourner au pays, en permission ou de manière définitive, un soldat passe au PX acheter lecteur DVD, jeu vidéos, caméra digitale ou chaîne hi-fi.

"J'ai dit à ma famille d'arrêter de m'acheter des choses. Ici, c'est bien moins cher qu'aux Etats-Unis et en plus, il y a parfois des soldes", raconte le soldat Richard Olalia, de la 4e division d'infanterie, venu acheter des CD et des jeux vidéos, une des principales occupations des GI quand ils ne sont pas en mission.

Les familles peuvent acheter des bons d'achats aux Etats-Unis que les soldats utilisent dans les PX. Le soldat Olalia, basé dans un camp annexe de la région de Bagdad, a profité d'un déplacement militaire pour faire un crochet dans le PX de la Zone verte.

"Il est bien plus grand que le PX de notre base Falcon", commente-t-il devant le rayon musical "R&B" du magasin, qui vend aussi des chanteurs de country ou de rap. Certains des PX américains, et notamment celui de la base aérienne Anaconda à Balad (à 75 km au nord de Bagdad) ont la taille de grands supermarchés des périphéries des villes.

On peut en effet acheter de tout dans les PX. D'un ballon de football américain à de la créatine pour faire gonfler les muscles, du jerky (viande séchée américaine) aux cigarettes ou au tabac à chiquer en passant par des boissons de toutes sortes mais toujours sans alcool comme les typiques Root beer et Dr Pepper (sodas), des déodorants, des bonbons à la menthe, des jeans, des casquettes, des tennis, des T-shirts souvenirs, des badges "I love my gun" (J'aime mon arme)... ou des serviettes de bain "Home at last": "Enfin à la maison".
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Publié dans Insolite

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