Le marché exponentiel du bois en Chine
D'abord, la bonne nouvelle : le gouvernement chinois vient d'annoncer la levée d'une taxe de 5 % sur les baguettes en bois ! Au regard du nombre de consommateurs utilisant cet ustensile pour se sustenter dans l'empire du Milieu, voilà un geste bienvenu censé refléter la tardive, mais affichée, prise de conscience des autorités pékinoises à propos des questions écologiques en général, et celles de la déforestation en particulier.
Mais il y a aussi une mauvaise nouvelle, comme viennent de le souligner, mardi 28 mars, des responsables de l'organisation Greenpeace lors d'une conférence de presse à Pékin. "La Chine, a rappelé Cheung Sze Pang, directeur adjoint de Greenpeace Chine, est le premier importateur mondial de bois tropicaux, et une grande partie de ces espèces sont exportées depuis l'Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, où entre 76 % et 90 % de l'abattage des arbres est illégal."
Quand on sait que la moitié des rondins de bois provenant des dernières forêts primaires de la planète, c'est-à-dire la Malaisie, l'Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, sont exportés vers la Chine et que 75 % du commerce du bois papou est lié aux exportations vers la République populaire, qui a par ailleurs plus que triplé ses exportations de meubles et de contreplaqué vers le reste du monde, on imagine la résonance écologique de cette affaire.
Conséquence, comme l'a rappelé M. Cheung : "La Chine s'est engagée, comme d'autre pays, à se saisir de cette question et doit prendre des mesures urgentes pour interdire le commerce du bois lié à l'abattage illégal des arbres." Le rapport de Greenpeace a été envoyé mardi 28 mars aux autorités chinoises, mais Greenpeace Chine a déploré que le ministère du commerce et le département des eaux et forêts se renvoient la balle, chacun estimant que cette question relève de l'autre administration, et réciproquement...
"LE BLANCHIMENT DU BOIS"
La Chine n'est évidemment pas la seule coupable en matière d'importations de bois illégalement abattu, mais, là encore, de par sa taille et son appétit croissant, elle provoque des déséquilibres. En dix ans, sa consommation de bois a augmenté de 70 %. Et si elle en importe, c'est aussi pour le transformer et le réexporter vers l'Union européenne, le Japon ou les Etats-Unis. Ainsi, en dix ans, ses exportations de contreplaqué à destination de l'Europe ont progressé de 100 %.
Sous la pression des organisations écologistes, des compagnies internationales se sont engagées à ne plus acheter de bois "chinois" qui aurait initialement été abattu en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Si l'on voit mal comment de telles mesures peuvent être rigoureusement appliquées, ces décisions marquent en tout cas une étape vers une prise de conscience plus aiguë à propos d'un commerce frauduleux risquant de contribuer à la quasi-disparition des forêts d'Asie du Sud-Est d'ici les dix prochaines années. En France, Conforama et la Fédération française des importateurs de bois ont promis de boycotter de tels produits.
En janvier, l'ONG Global Witness avait remarqué que le commerce illégal de bois entre la Birmanie et la Chine venait de nouveau d'exploser, les douanes chinoises estimant à 1 million de mètres cubes chaque année le bois importé du Myanmar (nom officiel de la Birmanie). Mais, selon les autorités de Rangoon, le chiffre déclaré ne s'élèverait seulement qu'à 18 000 m3... On imagine aisément les raisons de ces différences d'appréciation du volume des échanges entre les deux pays, qui, s'est félicité Greenpeace Chine, ont tout de même "commencé à dialoguer sur cette question" afin de lutter contre le commerce illégal transfrontalier. Ce que Greenpeace appelle le "blanchiment" du bois en Chine. Quin Gang, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, a d'ailleurs confirmé que son gouvernement se proposait de combattre vigoureusement cet abattage illégal, et ce en association étroite avec les pays où sont situées les forêts. Faute de quoi, prévient Greenpeace, l'appétit croissant de l'industrie chinoise pour le bois donnera progressivement lieu à la destruction de nouvelles forêts.
Le Monde
Pensez-y quand vous irez acheter un meuble.
Mais il y a aussi une mauvaise nouvelle, comme viennent de le souligner, mardi 28 mars, des responsables de l'organisation Greenpeace lors d'une conférence de presse à Pékin. "La Chine, a rappelé Cheung Sze Pang, directeur adjoint de Greenpeace Chine, est le premier importateur mondial de bois tropicaux, et une grande partie de ces espèces sont exportées depuis l'Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, où entre 76 % et 90 % de l'abattage des arbres est illégal."
Quand on sait que la moitié des rondins de bois provenant des dernières forêts primaires de la planète, c'est-à-dire la Malaisie, l'Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, sont exportés vers la Chine et que 75 % du commerce du bois papou est lié aux exportations vers la République populaire, qui a par ailleurs plus que triplé ses exportations de meubles et de contreplaqué vers le reste du monde, on imagine la résonance écologique de cette affaire.
Conséquence, comme l'a rappelé M. Cheung : "La Chine s'est engagée, comme d'autre pays, à se saisir de cette question et doit prendre des mesures urgentes pour interdire le commerce du bois lié à l'abattage illégal des arbres." Le rapport de Greenpeace a été envoyé mardi 28 mars aux autorités chinoises, mais Greenpeace Chine a déploré que le ministère du commerce et le département des eaux et forêts se renvoient la balle, chacun estimant que cette question relève de l'autre administration, et réciproquement...
"LE BLANCHIMENT DU BOIS"
La Chine n'est évidemment pas la seule coupable en matière d'importations de bois illégalement abattu, mais, là encore, de par sa taille et son appétit croissant, elle provoque des déséquilibres. En dix ans, sa consommation de bois a augmenté de 70 %. Et si elle en importe, c'est aussi pour le transformer et le réexporter vers l'Union européenne, le Japon ou les Etats-Unis. Ainsi, en dix ans, ses exportations de contreplaqué à destination de l'Europe ont progressé de 100 %.
Sous la pression des organisations écologistes, des compagnies internationales se sont engagées à ne plus acheter de bois "chinois" qui aurait initialement été abattu en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Si l'on voit mal comment de telles mesures peuvent être rigoureusement appliquées, ces décisions marquent en tout cas une étape vers une prise de conscience plus aiguë à propos d'un commerce frauduleux risquant de contribuer à la quasi-disparition des forêts d'Asie du Sud-Est d'ici les dix prochaines années. En France, Conforama et la Fédération française des importateurs de bois ont promis de boycotter de tels produits.
En janvier, l'ONG Global Witness avait remarqué que le commerce illégal de bois entre la Birmanie et la Chine venait de nouveau d'exploser, les douanes chinoises estimant à 1 million de mètres cubes chaque année le bois importé du Myanmar (nom officiel de la Birmanie). Mais, selon les autorités de Rangoon, le chiffre déclaré ne s'élèverait seulement qu'à 18 000 m3... On imagine aisément les raisons de ces différences d'appréciation du volume des échanges entre les deux pays, qui, s'est félicité Greenpeace Chine, ont tout de même "commencé à dialoguer sur cette question" afin de lutter contre le commerce illégal transfrontalier. Ce que Greenpeace appelle le "blanchiment" du bois en Chine. Quin Gang, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, a d'ailleurs confirmé que son gouvernement se proposait de combattre vigoureusement cet abattage illégal, et ce en association étroite avec les pays où sont situées les forêts. Faute de quoi, prévient Greenpeace, l'appétit croissant de l'industrie chinoise pour le bois donnera progressivement lieu à la destruction de nouvelles forêts.
Le Monde
Pensez-y quand vous irez acheter un meuble.
Publicité