Ingrid Betancourt, otage des FARC depuis quatre ans
Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancour, enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) le 23 février 2002, "a vécu 4 ans de martyr" et attend fébrile une preuve de vie de sa fille, annoncée pour les jours prochains par les milieux proches de la guérilla."Nous sommes pris en étau entre deux forces inhumaines sans considération pour notre souffrance. Au début je pensais qu'Ingrid serait libre au bout de six mois, jamais je n'aurais pu imaginer qu'elle puisse rester otage si longtemps", dit-elle. "Aujourd'hui je ne veux plus être négative, poursuit-elle, car j'ai peur de craquer. Il faut rester optimiste et qu'Ingrid sache que je ne l'oublie pas une minute de ma vie".
La mère de l'ex-candidate des Verts à l'élection présidentielle colombienne, se lève depuis 4 ans toutes les nuits pour envoyer un message radiophonique à sa fille dans la jungle, comme une bouteille à la mer dont on ne sait jamais si elle est parvenue à sa destinataire.
Mais l'heure est au pessimisme. Pour elle comme pour le mari d'Ingrid Juan Carlos Lecompte. "Après avoir tout essayé, je ne sais plus que faire, j'ai par moment l'impression qu'il ne me reste plus qu'à me frapper la tête contre les murs", dit-il. "En Colombie, il n'existe pas de volonté populaire pour un accord humanitaire et si Uribe est réélu, c'est une nouvelle condamnation pour Ingrid", affirme-t-il.
En désaccord avec le reste de la famille, il a décidé de se présenter aux élections législatives pour faire revivre le parti fondé par son épouse, Oxygène, et "défendre les droits des séquestrés". "Pour résoudre l'enlèvement politique d'une femme politique, il faut s'impliquer dans la politique", soutient-il.
DIFFICILES NÉGOCIATIONS
Le gouvernement et la guérilla affirment l'un et l'autre être favorables à un échange d'otages des FARC contre des rebelles détenus dans les prisons colombiennes mais s'affrontent en permanence sur ses modalités, notamment sur les lieux de négociation. Depuis des mois, avec l'approche des élections présidentielles de mai, les FARC affirment avec fermeté qu'ils feront tout pour s'opposer à la réélection de leur pire ennemi, le président Alvaro Uribe. Ainsi les missions européennes de bons office piétinent quelles que soient les propositions.En juillet déjà Raul Reyes, le numéro deux des FARC, déclarait : "Si Uribe est réélu, Ingrid pourrait passer quatre ans supplémentaires en détention".
Seule note d'espoir, des sources proches des guérilleros ont fait savoir qu'une vidéo, la précédente remontant à trente mois, contenant des preuves de vie d'Ingrid, parviendrait bientôt à la famille de l'otage.
Jeudi, des portraits d'Ingrid et d'autres otages seront affichés sur la façade de la mairie de Bogota et un concert sera donné sur la grande place Bolivar. Une messe sera également célébrée dans la cathédrale de la capitale. A Paris, son portrait sera affiché sur les grilles du Sénat.
Le Monde
Le président actuel Uribe, soutenu ouvertement par les narco-traficants, remporterait les prochaines élections avec 70% des voix selon plusieurs sondages récents.
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