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Lundi 25 juin 2007 1 25 /06 /Juin /2007 14:33
Ce seront les zones industrielles du XXIe siècle, sans ouvriers et reliées par fibre optique. Elles commencent tout juste à s'étendre près des grands barrages hydroélectriques du nord-est des Etats-Unis. Bientôt, elles pourraient encercler les centrales nucléaires en construction dans les pays émergents. Sur des milliers d'hectares, ces complexes concentreront la puissance de la nouvelle industrie dominante : l'informatique en ligne. Dans leurs blocs de béton, hermétiques aux curiosités du monde extérieur, les conglomérats du Web triomphant, les Google, Microsoft, Yahoo ! ou Ask.com, entasseront des dizaines de milliers de serveurs, capables de mémoriser des milliards de mails, textes, films, musiques et de les retrouver en un clin d'oeil.

Pourquoi chercheront-ils à placer ces usines réinventées si près de sites de production électrique ? Parce que les lois de la physique ont commencé à rattraper un secteur économique qui prétendait les avoir abolies. Entre 2000 et 2005, la consommation électrique des centres informatiques a doublé, atteignant 45 milliards de kilowattheures, soit un total annuel de 7,2 milliards de dollars à l'échelle de la planète. Aux Etats-Unis, cela ne représente encore que 1,2 % de la consommation nationale, selon une récente étude publiée par un chercheur de Berkeley (Californie). Mais si rien ne vient corriger la tendance, la consommation totale des serveurs aura progressé de 76 % en 2010. Et encore, cette étude, financée par le fabricant de microprocesseurs AMD, ne donne sans doute qu'une estimation minimale de l'ampleur de cette explosion. Elle ne prend pas en compte les derniers centres de Google, dont la population exacte des serveurs, aux alentours de 450 000 unités, est tenue secrète.

"Notre cher ordinateur fait partie des appareils les plus inefficaces jamais inventés, écrit le spécialiste Timothy Prickett Morgan. Le plus gros de l'électricité qui le nourrit est relâché sous forme de chaleur, de bruit et de lumière." Selon Urs Hölzle, vice-président de Google, "un PC gâche environ la moitié de son énergie, et un serveur en gaspille un tiers". Longtemps, cette dépense en pure perte est passée inaperçue dans les budgets des centres de données. Le monde de l'informatique suivait aveuglément la loi de Moore : la puissance de calcul doublait tous les ans, ou presque, le coût des composants ne cessait de baisser. L'inefficacité énergétique des systèmes n'inquiétait personne.

C'est désormais une priorité, et pas seulement à cause de la hausse du prix de l'électricité. Dans leur incessante miniaturisation, les processeurs ont approché leurs limites physiques, ce qui se traduit par un échauffement intense. Depuis quelques années, leurs constructeurs ont dû les diviser en puces "multicoeurs" pour éviter qu'ils n'atteignent la température du Soleil vers 2015.

Dans les centres de données, où le nombre de serveurs n'a cessé d'augmenter, la chaleur ne s'est pas réduite pour autant. Les dépenses de climatisation ont encore accru le montant de la facture d'électricité. Le phénomène a été amplifié par le recours massif des mastodontes du Web à des appareils bon marché, beaucoup moins économes en énergie que les calculateurs hauts de gamme. Bientôt, l'acquisition d'une de ces machines à prix cassés sera moins onéreuse que son utilisation durant une seule année.

Avec plusieurs coups d'avance, Google tente de contourner la difficulté par la géographie. L'entreprise vient d'édifier dans l'Oregon, au bord du fleuve Columbia, le précurseur des grands centres de données à venir, avec leurs dispositifs d'évacuation de l'air chaud bien visibles. En amont du site, un barrage hydroélectrique fournit aux ordinateurs une source d'approvisionnement ininterrompue et bien moins chère que dans les centres urbains. Bientôt Microsoft et Yahoo ! implanteront leurs propres installations près d'autres barrages, plus au nord.

Mais ces mastodontes savent bien que cette course à l'énergie n'apportera pas de solution de long terme. Sans autre effort, le mal ne fera que croître. Aux usines de l'information finiront par s'agréger les serveurs externalisés des banques, avides d'une puissance de calcul dont elles commencent à trouver la facture excessive dans leurs locaux en centre-ville. Ces déplacements massifs vers barrages et centrales seront à l'origine de substantielles économies mais aussi de redoutables effets d'image.

Ceux-ci risquent d'associer brutalement les entreprises venues d'un monde virtuel aux difficultés les plus brûlantes du monde réel : la surconsommation d'énergie, les rejets de gaz à effet de serre et la contribution au réchauffement de la planète. Aux protestataires qui pourraient un jour se rassembler devant leurs enceintes grillagées, ces firmes ne pourront pas toujours répondre que le réseau mondial finira par réduire les voyages en avion, de colloques en réunions, ou que la vente en ligne a fait régresser les déplacements de proximité.

De fait, c'est l'ensemble des acteurs de l'informatique qui cherchent dès aujourd'hui à ne pas être accusés de gaspillage généralisé. Les poids lourds du secteur viennent de se rassembler dans une association environnementale commune (The Climate Savers Computing Initiative) pour trouver les moyens de rendre les ordinateurs plus économes, moins polluants. Google met aussi en avant son action en faveur de l'énergie solaire, en développant une batterie de panneaux qui fournira 30 % de l'alimentation de son siège californien de Mountain View.

Au-delà de ces annonces médiatisées, chacun s'efforce dans son domaine d'apporter sa part de solution. Les fabricants de processeurs ou de serveurs veulent concilier hausse de la performance et lutte contre chaleur et consommation. IBM vient ainsi d'annoncer la conception de puces dotées de milliards de microtrous qui faciliteront la circulation du courant et donc limiteront pertes et échauffements. Les spécialistes de la climatisation affirment qu'il faudra bientôt abandonner l'air soufflé pour passer au refroidissement par des fluides.

"Au moment d'acheter du nouveau matériel, le coût de sa consommation électrique est en train de s'imposer comme un critère plus déterminant que la puissance de calcul", dit François Bourdoncle, PDG du moteur de recherche Exalead. Pour autant, cette prise de conscience ne produira que des effets limités si le secteur ne change pas de philosophie, insistent nombre d'experts. Si l'informatique ne renonce pas aux mauvaises habitudes de ses années d'abondance pour revenir à "l'ordinateur frugal" de ses débuts, selon le bloggeur spécialisé Nicholas Carr. "Les serveurs utilisés par une entreprise unique ne fonctionnent que de 10 % à 30 % de leurs capacités", écrit-il. Cette sous-utilisation, liée au fait que les machines ne sont dédiées qu'à un seul programme, est la principale cause des gaspillages croissants.

Plusieurs procédés complexes ont été imaginés pour permettre aux serveurs de travailler sur plusieurs programmes à la fois, optimisant ainsi le rendement de centres informatiques jusqu'à 80 %. Une manière d'attendre plus confortablement que la loi de Moore atteigne un jour une limite infranchissable, et que l'invention révolutionnaire d'un autre moyen de calculer transforme les centres de données géants en nouvelles friches industrielles.
Par Gou - Publié dans : Environnement
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 23:00

A première vue, c’était un bébé requin ordinaire, né en 2001 dans l’aquarium du zoo d’Omaha, aux USA.

Sauf un hic : il n’y avait que trois femelles dans cet aquarium, capturées il y a plusieurs années.

Un requin sans père ?

Les spécialistes ne voulaient pas y croire. Ils suggéraient qu’une femelle avait été inséminée avant sa capture et quel le sperme du mâle était resté stocké pendant tout ce temps. Mais aujourd’hui les nouvelles techniques d’analyse d’ADN ont rendu leur verdict et il faut se rendre à l’évidence : le bébé requin ne porte aucun gène mâle.

C’est donc une « naissance vierge », qu’on appelle aussi reproduction asexuée ou parthénogenèse.

Le phénomène n’est pas inhabituel dans le monde végétal ou animal : quand les mâles viennent à manquer, les femelles fabriquent un embryon en doublant leurs propres chromosomes. Sauf qu’on n’avait jamais vu ça chez un poisson cartilagineux.

Désormais, les mammifères sont les seuls animaux vertébrés incapables d’une telle prouesse naturelle.

A moins de recourir au bricolage génétique et à l’insémination artificielle – les lesbiennes en rêvent, mais la science ne l’a encore jamais tenté.

Par Gou - Publié dans : Environnement
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Lundi 28 mai 2007 1 28 /05 /Mai /2007 17:46
En plein coeur de Rome, sous l'antique Forum de Trajan, une colonie de centaines de crabes d'eau douce prospère en toute tranquillité dans les canaux construits par les Etrusques, et s'ils n'ont été découverts qu'en 1997, leur présence pourrait bien remonter à 3.000 ans.


Il y a 10 ans, le chercheur Massimiliano Scalici, alors étudiant en zoologie, décide de sécher les cours de la fac et part ses promener avec un de ses collègues dans l'amphithéâtre de Trajan, le plus grand des forums impériaux romains construit en l'an 113 de notre ère, lorsqu'en retournant une pierre ils tombent sur un étrange petit crabe à la carapace brune.

En compagnie d'une équipe de chercheurs en anatomie comparée de l'Université de Rome III, ils découvrent peu à peu une colonie entière de "Potamon fluviatile", des crabes d'eau douce dont la présence incongrue dans une grande ville n'avait jamais été répertoriée.

"On pense qu'ils sont environ un millier mais c'est difficile à dire car on ne peut pas marquer leurs carapaces étant donné qu'ils muent régulièrement. S'ils sont aussi nombreux, c'est aussi parce qu'ils ont très peu de prédateurs, les chats ne s'y intéressent pas et les mouettes ne viennent pas la nuit car le site est éclairé en permanence", explique Massimiliano Scalici à l'AFP.


"Les premiers résultats de l'étude génétique que nous avons lancée montrent que les gènes des crabes de Trajan sont très proches de ceux des crabes d'eau douce grecs. Il est donc fort probable qu'ils aient été introduits par les Grecs il y a 2.500 ou 3.000 ans, et donc qu'ils étaient là avant même la fondation de Rome en 753 av JC!", indique le chercheur.


"Bien sûr, on n'en est encore qu'au stade des hypothèses, on doit poursuivre les recherches, mais c'est très tentant d'y croire surtout que beaucoup d'éléments comme leur gigantisme laissent entendre que les crabes sont là depuis vraiment très longtemps", ajoute-t-il.


Si dans leur milieu naturel - rivières et torrents - la carapace des crabes d'eau douce mesure en moyenne 5 centimètres de long, celle des individus découverts à Trajan peut dépasser les 8 cm. "Une fois on a même trouvé une mue de 12 cm!", s'exclame le jeune chercheur.


"Le gigantisme est une des réponses des animaux à l'isolement, c'est un phénomène qui nécessite de très longues années. Le Forum de Trajan est évidemment très différent de l'environnement dans lequel les crabes ont l'habitude d'évoluer, et ils ont fait preuve ici d'une extraordinaire adaptation", souligne Massimiliano Scalici.

Les crabes romains ont également une durée de vie de 15 ans, contre une moyenne de 10 à 12 ans dans la nature. S'ils se nourrissent d'algues, de larves d'insectes et d'escargots, les crabes, omnivores, ont aussi été vus manger des mégots de cigarettes ou le polystyrène des emballages de fast-food.

Les canaux d'eau qui courent sous le Trajan et où ils se sont installés font partie de la "Cloaque massima", cet immense collecteur d'eau construit au 6e siècle avant JC par les Etrusques pour assécher les terrains marécageux et drainer l'argile des collines, devenu sous les Romains un égout géant qui se déversait dans le Tibre.

Et s'ils ont résisté à la pollution, au bruit et aux êtres humains, Massimiliano Scalici espère seulement que la tranquillité séculaire de ses petits protégés ne sera pas dérangée par la construction de la ligne C du métro, dont le tracé passera non loin des fondations du Forum.
Par Gou - Publié dans : Environnement
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 10:14
Les émissions de dioxyde de carbone (CO2), un des principaux gaz à effet de serre, ont augmenté dans le monde de façon alarmante entre 2000 et 2004, à un rythme trois fois supérieur à celui des années 1990, selon une étude scientifique américaine publiée lundi.

Elles sont en hausse de 3,1 % par an au début des années 2000 contre un rythme de 1,1 % par an dans les années 1990, d'après cette étude publiée sur le site Internet de la revue de l'Académie nationale des sciences. D'après les auteurs de l'étude, cette croissance accélérée des émissions de CO2 est largement due à la hausse de la consommation d'énergie et à l'augmentation de carbone dans la production d'énergie.

UNE AUGMENTATION PLUS RAPIDE QUE PRÉVU


"Malgré le consensus scientifique selon lequel les émissions de dioxyde de carbone affectent le climat, nous ne constatons pas de signes de progrès dans la gestion de ces émissions aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. Dans de nombreuses parties du monde, nous reculons"
, souligne le principal auteur de cette étude, Chris Field, directeur du département sur l'écologie mondiale à la Carnegie Institution.

L'étude montre également que les émissions de CO2 ont augmenté plus vite depuis 2000 que dans le pire scénario envisagé par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC). "Les tendances liant l'énergie à la croissance économique vont réellement dans la mauvaise direction", estime M. Field.

L'accélération d'émissions de CO2 est particulièrement importante dans les pays en développement dont l'économie progresse fortement, en particulier la Chine, où l'augmentation des émissions de CO2 est surtout le reflet de la hausse du produit intérieur brut par habitant.

LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT SONT LES PRINCIPAUX RESPONSABLES


Entre 2000 et 2004, les pays en développement ont été les principaux responsables de l'augmentation des émissions de dioxyde de carbone, même si cela ne représente que 40 % du total des émissions de CO2 dans le monde. En 2004, 73 % de la croissance des émissions dans le monde est venue des pays en développement et des pays moins développés, qui représentent 80 % de la population mondiale. La même année, les pays développés (dont la Russie) ont contribué à 60 % des émissions totales. Ils sont responsables de 77 % des émissions cumulées depuis le début de la révolution industrielle, relève l'étude.

La consommation mondiale d'énergie devrait croître de 57 % entre 2004 et 2030, prévoit l'agence américaine Energy Information Administration (EIA). La croissance la plus rapide devrait venir des pays asiatiques non membres de l'OCDE, notamment la Chine et l'Inde, où la consommation devrait augmenter de respectivement 3,5 % et 2,8 % par an en moyenne.

Mais selon l'EIA, la hausse des prix du pétrole brut devrait réduire la demande ainsi que celle des carburants liquides après 2015, et en conséquence abaisser leur part dans la consommation énergétique globale, de 38 % en 2004, à 34 % en 2030. A l'inverse, la part du gaz naturel, du charbon et des sources d'énergie renouvelables devrait augmenter sur la période. La production du pétrole dit non conventionnel (pétrole brut extra-lourd et bitumes) devrait augmenter de près de 8 millions de barils par jour et compter pour 9 % de l'offre des hydrocarbures liquides en 2030.

Le charbon, dont la consommation croît au rythme annuel moyen de 2,2 %, est la source d'énergie à la plus forte croissance, selon l'EIA. L'agence estime que ces trois pays devraient compter pour 86 % de la hausse de la demande mondiale de charbon d'ici à 2030. L'EIA prévoit aussi une croissance de l'utilisation du nucléaire : la capacité nucléaire mondiale devrait passer de 368 gigawatts en 2004 à 481 gigawatts en 2030, selon l'agence.
Par Gou - Publié dans : Environnement
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Mercredi 2 mai 2007 3 02 /05 /Mai /2007 20:00

Vous ne l’aviez pas rêvé ? Les Russes l’ont fait.

La première centrale nucléaire flottante, en pleine mer, est en cours de construction en Russie. C’est la première d’une série de sept centrales russes sur mer, chacune délivrant 70 mégawatts en puissance électrique.

La Russie compte vendre ce nouveau savoir-faire, et 12 pays se sont déclarés intéressés, notamment l’Algérie et l’Indonésie. Les porte-parole de Greenpeace sont furieux. « C’est comme mettre Tchernobyl sur le Titanic ! ». Et ils font remarquer que l’histoire des sous-marins nucléaires russes compte actuellement au moins 100 accidents graves, le dernier en date étant le naufrage du sous-marin « Koursk », en l’an 2000, provoquant la mort de tout l’équipage.

Mais le porte-parole du Comité Ecologique de la Douma, le Parlement russe, se défend en arguant que le Koursk a été récupéré sur terre sans aucun incident technique, et que les nouvelles centrales marines sont conçues pour résister à des tremblements de terre de 7 à 8 sur l’échelle de Richter, à des vents de 200 km/heure et à l’impact d’avions kamikazes. Alors, qui croire ? On le saura lors de la prochaine (éventuelle) catastrophe…

Par Gou - Publié dans : Environnement
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